6.5.11
22.2.11
Le hors-série "Xynthia, une tragédie prévisible" vient de paraître

Xynthia,
une tragédie prévisible
Le 28 février 2010, la tempête Xynthia a tué 47 personnes en France. Même aggravée par de forts coefficients de marée, la tempête n’était pourtant pas d’une violence exceptionnelle. Si elle a été aussi meurtrière c’est parce qu’on a beaucoup trop construit à l’abri illusoire des digues. Une tragédie prévisible : c’est le verdict rendu par les géographes, les historiens, les juristes, les économistes réunis pour un colloque à la Maison des sciences de l’homme de Nantes.
Avec le concours de la Région des Pays de la Loire, la revue Place publique a réalisé ce numéro hors-série. Une façon de montrer comment le savoir d’origine universitaire peut enrichir le débat public.
6.1.10
30.11.09
Place publique #18 vient de paraître

Edito
Place publique #18
novembre-décembre 2009
Une ÉcoCité sur l’estuaire
La réponse de Nantes/Saint-Nazaire à l’appel à projets de l’État peut constituer un projet d’ensemble. À condition que la pensée globale ne paralyse pas l’action locale.
Au moment où nous écrivons ces lignes, la nouvelle n’est pas encore officielle. Mais il y a tout lieu de le penser : la réponse de Nantes/Saint-Nazaire à l’appel à projets ÉcoCités, lancé par l’État, sera couronnée de succès. Le dossier nanto-nazairien a même toutes les chances d’être considéré comme l’un des meilleurs.
On ignore encore quelles seront les retombées concrètes de cette distinction. Sans doute ne faut-il pas attendre qu’une manne de financements se déverse sur l’estuaire. Mais l’essentiel réside ailleurs : c’est peut-être un nouveau modèle de développement urbain qui se dessine dans la réponse faite à l’appel à projets. Un modèle qui tire toutes les conséquences des défis environnementaux du moment et de notre situation géographique si particulière : « un territoire dont le cœur est un estuaire, le front un océan et les poumons un faisceau de 40 000 hectares de marais et de rivières », comme le dit joliment le document intitulé Construire la ville autour du fleuve.
Après avoir expliqué en quoi consiste le concours lancé par l’État et résumé la réponse de Nantes/Saint-Nazaire, nous prenons le recul historique nécessaire dans un entretien avec le géographe Jacques Guillaume, spécialiste des questions maritimes et portuaires. Non, la volonté de construire la ville autour du fleuve n’a rien de neuf : « les chantiers navals, les raffineries, les biscuiteries, tout cela, c’était une manière de vivre avec le fleuve. » Mais aujourd’hui, c’est un nouveau type de rapport avec le fleuve qui s’inaugure, tirant les conséquences du déclin de l’industrie lourde et de la montée du sentiment environnementaliste.
Si ce souci du développement durable prend ici des accents particuliers, il est partagé par toutes les grandes villes. Le sociologue strasbourgeois Philippe Hamman le montre en nous faisant partager les résultats de l’enquête qu’il a conduite chez les professionnels de l’aménagement urbain à Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Lille, Lyon et, bien sûr, Nantes.
Une unanimité suspecte ? Car « qui est contre le développement durable ? » s’interroge l’urbaniste Laurent Devisme. Le tout est de savoir de quoi l’on parle : des rapports Nord/Sud ? De grands territoires comme l’estuaire de la Loire ? De quartiers ? De simples immeubles ? Le développement durable est devenu un concept passe-partout qui recouvre des réalités bien différentes. Il mérite d’être questionné, d’être précisé, d’être critiqué si l’on ne se contente pas d’un discours incantatoire pétri de pensée molle et de bons sentiments.
Goulven Boudic s’attarde sur l’actualité proprement politique du sujet. Longtemps raillés pour leur amateurisme, les Verts ont désormais le vent en poupe. Leurs résultats aux dernières européennes, ainsi que dans plusieurs élections partielles, en atteste. Plus fondamentalement, ils bénéficient d’une image de marque positive à l’heure d’une défiance généralisée à l’égard de l’engagement politique. Tout se passe comme si les Verts faisaient de la politique en donnant le sentiment de ne pas en faire… Cela place les socialistes, leurs alliés principaux, dans une situation délicate : les voici contraints de se montrer au moins aussi verts que les Verts – par opportunisme ou conviction – sans être bien certains d’en tirer quelque bénéfice électoral. D’autant que, localement, les Verts, décidés à faire cavalier seul au premier tour des Régionales, font monter la pression sur plus d’un dossier, qu’il s’agisse du parking aérien de l’Île de Nantes ou de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. À tel point que la droite, non sans ironie, les a invités à rompre leurs accords avec la gauche, à Nantes et à la Communauté urbaine. Il faudrait être bien naïf pour ne pas prendre en compte cette dimension électorale dans les politiques environnementales projetées ou mises en œuvre.
Sans écarter quelques questions sensibles comme le nouvel aéroport ou l’avenir de l’industrie, la réponse de Nantes/Saint-Nazaire à l’appel d’offres avait nécessairement un côté rassembleur : c’est la loi du genre. C’est pourquoi nous avons demandé à Jacques Le Brigand, un journaliste attentif à l’actualité socio-économique de la région, de dresser une liste de quelques sujets qui fâchent et qui pourraient bien avoir été oubliés ou éludés. Et là, surprise. L’auteur nous rend une copie où il parle, bien sûr, des embarras de la circulation et des ordures ménagères, mais aussi des rapports entre les élus et l’administration de la Communauté urbaine, de l’accueil des Roms ou du petit nombre de femmes à des postes de direction…
Hors sujet ? Mais non, objecte à bon droit Jacques Le Brigand, le développement durable repose sur trois piliers : environnemental, économique, social. Inattaquable en théorie : comment penser isolément chacune de ces trois dimensions ? Mais autant dire que nous sommes en présence d’une notion balayant tous les aspects de la vie commune, l’alpha et de l’oméga de la pensée politique, en somme. Ce n’est plus d’ÉcoCité qu’il faudrait parler, mais à la manière de saint Augustin, de Cité de Dieu, où seraient réconciliés les contraires et aplanies toutes les difficultés humaines. Et voilà pourquoi personne ne s’oppose au développement durable…
En cela, cet article est un symptôme. Il montre comment le développement durable est devenu une idéologie de substitution qui risque fort de placer les élus en porte-à-faux face à la surenchère ou à l’élargissement indéfini des thématiques : vous installez des cellules photovoltaïques ? On vous répond égalité des sexes. Vous aménagez des pistes cyclables ? On vous titille sur la gouvernance… Normal, puisque tout est dans tout. Et réciproquement.
Pourtant, la construction d’une ÉcoCité pourrait bien être le projet d’ensemble qui manque encore à Nantes/Saint-Nazaire, qui donnerait cohérence à un certain nombre d’initiatives isolées en faisant de l’estuaire « la matrice de la métropole », pour reprendre une expression déjà employée dans cette revue. Dès lors il ne s’agirait pas d’un gadget, mais bien d’un modèle alternatif. À condition que la pensée globale ne paralyse pas l’action locale. Qui trop embrasse mal étreint, dit la sagesse populaire.
7.9.09
Place publique #17 vient de paraitre
Edito Place publique #17
Le grand rapprochement ?
Après des siècles de rivalité ou d’indifférence, Nantes et Rennes semblent vraiment décidées à nouer des relations nouvelles. On ne peut que s’en réjouir sans méconnaître que la route sera longue et incertaine.
Ne tombons pas dans le tic des gazettes qui usent et abusent de l’épithète « historique ». Historique, un match de football au résultat imprévu. Historique, un millésime réussi. Historique, un taux d’abstention plus fort qu’à la précédente élection et moins qu’à la prochaine… Nous ne parlerons donc pas d’un rapprochement historique entre Rennes et Nantes. Et par prudence nous avons assorti d’un point d’interrogation le titre de ce dossier, montrant ainsi que la route demeure longue et incertaine.
Mais enfin, entre deux villes qui furent longtemps rivales puis indifférentes, est en train de se nouer un lien nouveau qui mérite attention. D’autant que ce grand rapprochement coïncide pour nous – mais ce n’est pas vraiment une coïncidence – avec la création de Place publique à Rennes, deux ans et demi après sa naissance à Nantes/Saint-Nazaire. (Lire aussi p. 93).
D’où la décision évidente, en avant-première du colloque qui se tiendra, en octobre, à Rennes et à Nantes, de consacrer dans nos deux revues un dossier commun à l’état et aux perspectives des relations entre les deux villes. Par souci de clarté, nous avons organisé ce dossier en trois temps. D’abord, un état des lieux ; ensuite, une évocation des projets ; enfin, l’amorce d’un débat. Le tout agrémenté de nombreuses cartes fournies par les agences d’urbanisme de Rennes et de Nantes.
L’état des lieux s’ouvre sur une rétrospective signée Bernard Boudic, le rédacteur en chef de Place publique Rennes. Il montre comment, en 1989, les travaux du géographe Roger Brunet ont été un choc pour tant d’élites urbaines, à Nantes et à Rennes comme dans d’autres métropoles. Que disait Roger Brunet ? Qu’il ne suffisait plus pour les villes de l’Ouest de se rapprocher de Paris, que le centre de gravité de l’Europe au moment où tombait le Mur de Berlin se déplaçait vers l’Est, vers la fameuse banane bleue joliment courbée du Lancashire à la Toscane. La suite de l’histoire a montré que les déterminismes géographiques n’étaient pas aussi implacables que cela : courbe pour courbe, l’Arc Atlantique avait aussi des atouts à faire valoir. N’empêche pas que les grandes villes de l’Ouest ont décidé alors de créer une sorte de club d’élus, que les universités de la région ont plus ou moins tenté d’unir leurs forces, que les agences d’urbanisme ont commencé à travailler ensemble et que sans attendre de feu vert institutionnel les chercheurs ont pris l’habitude d’échanger questions et résultats. Le tout n’a pas débouché sur des résultats mirobolants, mais a créé de nouveaux réflexes. Apprendre à se parler était la condition de possibilité de la relation privilégiée pour laquelle Nantes et Rennes sont peut-être mûres aujourd’hui.
Car les deux villes reviennent de loin. L’historien rennais David Bensoussan fait le récit de dix siècles de rivalité entrecoupés de périodes d’indifférence tandis qu’un autre historien, Alain Croix, et Thierry Guidet, le directeur de Place publique Nantes/Saint-Nazaire, montrent combien sous d’apparentes ressemblances Nantes et Rennes cachent des tempéraments différents.
Le deuxième moment du dossier s’ouvre sur un entretien avec Daniel Delaveau, le nouveau maire de Rennes qui, avant même son élection, avait manifesté sa volonté de donner un coup d’accélérateur aux coopérations entre les deux villes. Pourquoi ? Parce que « le fait urbain est fondamental », parce qu’il est temps de rendre visible le maillage de liens discrets tissé d’une ville à l’autre. Jean-Marc Ayrault, le maire de Nantes, estime lui aussi qu’il faut avancer rapidement, notamment dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche. Qu’aucune des deux villes n’ait vu son université retenue dans le plan Campus de l’État est un signal d’alarme. Mais qu’en pensent les autres ? François Cuillandre, le maire de Brest, ne s’alarme pas du rapprochement entre Nantes et Rennes. Simplement, il ne faut pas que Rennes oublie ses responsabilités de capitale régionale…
Les directeurs des agences d’urbanisme de Rennes et de Nantes prolongent les réflexions des élus. Celui de Rennes, Alain Lalau Keraly, et son collaborateur Ronan Viel, replacent le grand rapprochement dans le cadre de la mondialisation qui donne des responsabilités accrues aux métropoles. Le Nantais Thierry Violland souligne que Nantes/Rennes, ce n’est pas un tandem où l’on ne serait que deux à pédaler, mais que le nouveau couple doit « entraîner et fédérer l’Ouest, de la Manche à l’Atlantique. »
Reste que la relation entre Nantes et Rennes ne ressemblera pas nécessairement à un long fleuve tranquille. La troisième partie du dossier s’attarde sur quelques sujets sensibles. Et d’abord le futur – le possible ? – aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Sera-t-il celui de Nantes seule ou bien des deux villes réunies ? demande le journaliste Dominique Luneau qui montre bien qu’un tel équipement n’a de sens qu’entouré d’un réseau ferroviaire dense capable d’assurer le développement durable du Grand Ouest. Et là, on n’en est qu’au stade des discussions… Dans un texte original, Régis Guignard jette un regard de paysagiste sur la nationale 137 qui relie les deux villes et dont la fréquentation ne cesse d’augmenter. Et si l’on s’inspirait des exemples basque ou toscan ? Si l’on considérait cette route comme un jardin à cultiver pour le plaisir de l’œil ?
C’est sur une table ronde que se referme – bien provisoirement – le dossier. Elle a réuni quatre spécialistes nantais et rennais de l’aménagement du territoire : Alain Bénesteau, de la Chambre régionale de commerce et d’industrie de Bretagne ; l’économiste Yves Morvan, ancien président du Conseil économique et social de Bretagne ; le géographe Jean Renard, rapporteur général du conseil de développement de Nantes Métropole ; Laurent Théry, le directeur de la Samoa, la Société d’aménagement de l’Ouest atlantique.
Pourquoi le rapprochement entre les deux villes s’amorce-t-il aujourd’hui ? Dans quelle mesure sont-elles complémentaires ? Dans quels domaines resteront-elles concurrentes ? Que peuvent espérer les Rennais de Notre-Dame-des-Landes ? Quelles peuvent être les incidences de la réforme des collectivités préparée par le comité Balladur ? Autant de questions brassées tout au long de ce débat, sans oublier celle-ci, la principale sans doute : les Rennais et les Nantais ordinaires attendent-ils quelque chose d’un rapprochement entre leurs villes ?
À Nantes et à Saint-Nazaire, on a quelque expérience du travail en commun, de sa nécessité, de sa difficulté. Dans l’ordre de la réflexion et du débat, Place publique est d’ailleurs l’un des outils de la construction d’une réalité nouvelle, à la fois institutionnelle et vécue, d’un bout à l’autre de l’estuaire. C’est aussi le rôle que nous entendons jouer entre Nantes et Rennes en faisant partager des expériences et des questionnements.
5.7.09
Place publique #16 vient de paraitre

Edito
Place publique #16
LE LIVRE, LE TEMPS ET LE SILENCE
Et si, le temps d’un été, nous retrouvions la compagnie silencieuse des livres, le colloque singulier avec leurs auteurs ?
Cela s’appelle le Bloomsday, le Jour de Bloom. Et cela se déroule chaque 16 juin dans les rues de Dublin. Bloom est le protagoniste de Ulysse, le fameux livre de James Joyce. De lieu en lieu, les lettrés irlandais, mais pas seulement eux, refont l’itinéraire de Bloom à travers la capitale, minutieusement décrit par Joyce, même si quelques immeubles, quelques commerces et même un ou deux pubs ont disparu depuis 1904. Certains revêtent des costumes de l’époque ; à peu près tous dévorent des sandwiches au fromage en buvant du bourgogne : le régime alimentaire préféré de Bloom.
Le Bloomsday est une exception. Y a-t-il une autre ville qui fasse une telle fête à un personnage de fiction et à l’un de ses écrivains ? En France, Bordeaux a élevé des statues à Montaigne et à Montesquieu. Marseille convie à des randonnées sur les pas de Pagnol. Grenoble a son musée, son lycée, son université Stendhal, de même que Nantes – qui se dispute l’auteur avec Amiens – possède son fonds et son musée Jules Verne. Mais enfin, aucune ville n’utilise sérieusement la notoriété d’un de ses littérateurs pour faire parler d’elle.
Sans doute parce qu’au fond la vraie patrie d’un écrivain, c’est sa langue, pas sa ville. Et que « le livre, c’est le temps et le silence », comme le rappelait récemment Benoît Yvert, historien, ancien libraire et démissionnaire de son poste de directeur du Centre national du livre. Le temps et le silence. Le contraire de l’instant et du tintamarre. Ce qui contribue à expliquer que les manifestations littéraires – et il en existe ici, orchestrées par le Lieu Unique à Nantes ou par la Maison des écrivains et traducteurs étrangers à Saint-Nazaire, sans oublier, chaque été, Écrivains en bord de mer à La Baule – ressemblent davantage à de douces communions qu’à de grands rassemblements de foule, la Cène plutôt que Lourdes.
Dès lors, l’été, qui peut être une grande plage de temps et de silence, nous a paru le bon moment pour un numéro plus littéraire que souvent. Anticipant sur l’exposition que la Bibliothèque municipale organisera à la rentrée, nous avons repris le dossier de Nantes et du surréalisme. Il y a quinze ans, une considérable exposition et un non moins considérable catalogue avaient tenté de faire le tour de la question : de la rencontre à Nantes, pendant la Grande Guerre, d’André Breton et de Jacques Vaché peut-on déduire que cette ville fut le berceau du surréalisme ? La quantité de Nantais ayant joué un rôle dans le mouvement est-elle autre chose qu’un hasard ? Flotte-t-il dans les rues de Nantes on ne sait quel air de liberté qui serait à la fois la cause et l’effet d’une insidieuse subversion de l’esprit ?
Tout cela est probablement indécidable, de l’ordre de l’acte de foi, si l’on veut. On peut, comme l’historien Didier Guyvarc’h, décrire tranquillement les étapes et les raisons de la construction d’un mythe. On peut aussi, comme le poète Jean-Claude Pinson, faire de son propre grand-père, qui se prénommait Louis, et était né la même année qu’Aragon, un surréaliste sauvage, un surréaliste sans le savoir, et dévider depuis cette coïncidence une méditation rêveuse sur la difficulté d’habiter nos villes modernes.
Toujours est-il qu’en quinze ans, le dossier s’est épaissi. Agnès Marcetteau, la directrice de la Bibliothèque municipale, détaille la politique d’acquisition menée par son institution et qui permet, presque un siècle plus tard, de faire encore des découvertes. A partir de deux lettres de Breton jusque-là inédites Patrice Allain nous fait partager la vie intérieure de l’auteur de Nadja au cours de son séjour nantais. Les échanges épistolaires entre Breton et Gracq, mieux connus depuis la mort de ce dernier, permettent à Dominique Rabourdin d’approfondir les relations amicales et littéraires entre les deux hommes. Et François Leperlier, lui aussi sur la base de documents nouveaux, montre combien fut précoce la vocation littéraire de Claude Cahun, la fille du patron du Phare, un temps envoyée dans une école anglaise pour s’éloigner de Nantes, en proie aux démons de l’antisémistime.
La littérature n’est pas qu’affaire d’archivistes. C’est en pleine actualité éditoriale que nous avons plongé en organisant une rencontre entre Pierre Michon et l’historien Jean-Clément Martin autour des Onze, ce roman si marquant d’un écrivain qui ne l’est pas moins. L’histoire n’est-elle qu’une fiction parmi d’autres ? Quelles libertés le romancier peut-il prendre à son égard ? Les révolutionnaires étaient-ils autre chose que des littérateurs se regardant agir ? Lisez. Puis jetez-vous sur Les Onze si ce n’est déjà fait.
Un détour par le Japon avec Corinne Quentin, qui y vit depuis un quart de siècle, à l’occasion de l’édition 2009 d’Écrivains en bord de mer, dont Tokyo est, cette année, l’invité. Et puis, en toute dernière page de ce numéro, Mathias Énard nous fait un joli cadeau en nous adressant un croquis de Barcelone, la ville où il habite aujourd’hui, Mathias Énard, ce jeune romancier qui parle le persan et l’arabe et qui vient de recevoir le Prix du livre Inter pour Zone, ce roman haletant d’une seule phrase courant sur 500 pages.
Mais cet été, il y a aussi Estuaire. Une autre planète. À moins que ce ne soit la face exposée de la même planète. Exposée au grand soleil médiatique. Notre couverture fait écho à la fabuleuse parade d’ouverture orchestrée par Royal de Luxe : une fois de plus Nantes s’est muée en une ville dont les enfants sont des princes. Neuf regards contradictoires sur cette biennale d’art contemporain vous convient à la réflexion et à la promenade sur les bords du fleuve.
Et puis, après tout, rien ne vous empêche de lire Michon, assis sur le mur qui surplombe les douves du château où une meute de loups, réunie par l’artiste Stéphane Thidet, se donne pour l’une des attractions de la biennale. Ou bien, Nadja sous le bras, de pousser jusqu’à Lavau-sur-Loire et son observatoire sur le fleuve signé Tadashi Kawamata. Si vous avez oublié votre livre, faites une halte à la crêperie. Elle abrite tout l’été un excellent bouquiniste.
26.5.09
7.3.09
Le numéro 14 de Place publique vient de paraître

retrouvez le sommaire de Place publique 14 sur le lien suivant :
http://www.revue-placepublique.fr/Sommaires/sommaire14.html
9.1.09
Le numéro 13 de Place publique vient de paraître

retrouvez le sommaire de Place publique 13 sur le lien suivant :
http://www.revue-placepublique.fr/Sommaires/sommaire13.html
1.11.08
Le numéro 12 de Place publique vient de paraître

retrouvez le sommaire de Place publique #12 à l'adresse suivante :
http://www.revue-placepublique.fr/Sommaires/sommaire12.html
Inscription à :
Articles (Atom)








